Ce soir là, je n’ai rien pu faire…

“Madame, vous pouvez nous aider ?”

C’est comme cela que j’ai été abordée par deux enfants. Un garçon et une fille de 8 ans envuron.

Nous rentrions du spectacle de Guignol et Ratatouille. Mes enfants etaient heureux.

Et puis, ces deux enfants se sont dirigés vers nous.

Nous étions au sein de notre village vacances. Je leur ai demandé dans quel logement ils habitaient et quel était leur problème.

La grande soeur m’a dit qu’ils étaient partis au local poubelle avec leur papa, que ce dernier les avaient disputés et leur avaient demandé de rentrer chez eux.

Ils ne semblaient pas vraiment perdus mais plutôt tristes et avec un enorme besoin de parler à quelqu’un.

Je leur ai dit que j’allais les raccompagner jusque leur logement.

En chemin, ils me confient que leurs parents sont divorcés, qu’ils sont en vacances avec leur papa. Ils me disent qu’ils ont appelé leur maman et qu’ils sont très tristes, qu’elle leur manque trop.

“Notre maman nous manque et on est tristes.”

Et puis sur le chemin, ils me racontent qu’ils sont en vacances avec leur papa mais que ça ne se passe pas bien. La petite me dit ” il ne nous comprend pas et il crie tout le temps.”

Je tente de leur expliquer que quand un papa et une maman ne sont plus ensemble, c’est parfois difficile à gérer pour les adultes aussi. Que leur papa ne sait peut être pas comment réagir quand ils réclament leur maman et que du coup il se fâche.

Au bout de quelques minutes. Nous arrivons devant leur logement.

Je ne rentre pas. Je leur dit que je vais attendre leur papa avec eux dehors.

Pendant ce temps, ils me font de nouvelles confidences tout en sanglotant : leur papa et leur belle- mère passent leur temps à leur crier dessus.

Là encore, j’essaye de leur expliquer que parfois quand, on ne sait pas comment faire, on crie. Mais que ça ne veut pas dire qu’on ne les aime pas.

“Tu sais, on est pas méchants et on fait pas exprès de faire des bêtises”.

Je pense que c’est à peu près à ce moment là que les larmes me sont montées aux yeux mais face à leur détresse, je n’ai rien montré.

Et puis, le petit se met à pleurer à nouveau en me disant “j’ai tâché mon t-shirt. Ils m’ont dit que je n’avais qu’à mettre mon haut de pyjama pour aller à la fête.”

Je lui réponds :

“Mais non, ton haut est super beau ! On ne dirait pas un haut de pyjama !”

Il me regarde et me sourit. Rassuré.

La grande de son côté, me dit :

“Je me suis mise à pleurer parce que mon papa a crié sur mon frère et ça m’a fait de la peine de le voir pleurer.”

Moi : “tu sais, ce que tu me dis, il faut le dire à ton papa”

Elle : “Il ne comprendra pas. Vaut mieux pas.”

Finalement, le papa arrive avec sa compagne. Je me lève et avance vers eux. J’explique au papa que j’ai trouvé ses enfants qui pleuraient sur la route, qu’ils étaient perdus et qu’ils pleiraient.

Il me répond : “Oui, ils se sont faits disputés”.

Je ne me voyais pas partir comme ça… Je sentais qu’il n’avait rien compris au message que j’essayais de lui faire passer. Les seuls mots qui me spnt venus sont “Écoutez, peu importe, vos enfants sont très tristes. Leur maman leur manque beaucoup. Je pense qu’ils ont juste besoin d’un gros câlin”.

Et je suis partie… En me retournant 3 fois.je voulais regarder qu’ils ne s’en prenaient pas une même si au fond je pense que ces enfants souffrent surtout de maltraitance verbale.

La pztitz fille s’est jetée dans les bras de son papa qui n’avait pas l’air à l’aise avec les sentiments et les émotions… Je suis partie pour de bon.

J’ai pensé toute la nuit et toute la journée à ces enfants. J’ai tiré la triste conclusion que l’Etat essayait de réduire la maltraitance physique mals que rien n’était mis en place pour aider les parents à ne pas sombrer dans la maltraitance verbale.

Je suis également triste de constater que les moyens du social sont concentrés sur des signes de maltraitance corporelle et non verbale. Mais est-ce parce que les enfants ont du ligne propre sur eux et ont à manger qu’ils sont bien traités ?

Au fond de moi, j’espère que mes aproles les ont apaisé. Parce que concrètement, il faut l’avouer, ce soir, je n’ai rien pu faire pour aider ces enfants….

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2 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Anaïs

    c’est déjà énorme ce que tu as pu faire. tu les a écouté…
    Mon travail m’en fait voir de toutes les couleurs, l’avantage de cette fratrie c’est qu’elle est unie.
    SI le doute persiste appelle le 119

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